Rétrospective

La grotte de Lascaux, nouveau regard par le Prof. Jean-Marie Le Tensorer

Mardi, 12 octobre 2010 à 19h15

Kollegiengebäude, Universität Basel, Petersplatz 1, Bâle. Salle 115 au 1er étage.
Avec l’Institut für Prähistorische und Naturwissenschaftliche Archäologie de l’Université de Bâle

Depuis la découverte de Lascaux par quatre jeunes gens voilà 70 ans, un nombre incalculable d’études, d’analyses, de recherches et de publications ont été consacrées à cette grotte. Elle est devenue une véritable icône de l’art rupestre mondial.

Pourtant, en raison même de sa notoriété, la caverne a dû être fermée au public en 1963 pour des raisons de préservations. A cette époque, l’étude des milliers de figurations que renferme la caverne était loin d’être achevée. Depuis bientôt cinquante ans, peu de recherches ont eu lieu et Lascaux demeure en grande partie inconnue.

Les moyens techniques de relevés ayant évolués, depuis quelques années une nouvelle lecture de Lascaux a été entreprise par J.-M. Le Tensorer en collaboration avec R. Sanson, artiste et plasticien en charge de la réalisation des fac-similés des parois. Cette approche a permis de découvrir un grand nombre de figurations restées ignorées et de faits curieux montrant que la caverne était un sanctuaire, un monde symbolique participant à l’élaboration des mythes de nos ancêtres chasseurs de rennes. Bien que l’interprétation de cette mythologie nous échappe encore en grande partie, cette approche scientifique nouvelle permet de lever le voile sur les mystères de la spiritualité des peuples paléolithiques il y a 20’000 ans.

Au cours de cette conférence, plusieurs découvertes inédites seront présentées. L’analyse des parois, avant même que l’homme les décore, montre que la caverne était perçue comme une matrice féminine dont l’organisation spatiale a inspiré les artistes. Les figurations s’organisent selon un véritable codage mettant en œuvre le temps, l’espace et les mythes des préhistoriques. Certaines figures, notamment l’étrange être composite dénommé « la Licorne » ou les figurations de bisons ou d’aurochs ont joué un rôle majeur dans l’organisation du sanctuaires. Plusieurs thèmes seront abordés : la présence d’un principe de dualité manifeste, l’existence de figurations animales cachées comme les ours et les félins, la structuration du sanctuaire marquée par des symboles ou des éléments naturels comme les puits dont le plus célèbre renferme la fameuse scène dite de « l’homme mort » qui a donné lieu à de multiples interprétation.

C’est donc à un voyage imaginaire dans l’univers sacré de nos lointains ancêtres que nous convie cette conférence.

Professeur à l’Institut für Prähistorische und Naturwissenschaftliche Archäologie de l’Université de Bâle, où il dirige le groupe de recherche sur la Préhistoire, et membre du Comité de l’Alliance Française de Bâle, Jean-Marie Le Tensorer est conseiller auprès de la Commission Internationale sur Lascaux dirigée par Yves Coppens. Il est aussi conseiller scientifique dans le cadre de la préparation d’une exposition internationale et dans le cadre du programme de la sauvegarde de Lascaux..

Participation aux frais 10 Fr. Gratuit pour les membres de l’Alliance Française de Bâle et pour les étudiants. Suivi d’un verre.