Rétrospective

Rétrospective Louis Malle

Mardi, 1 février 2011 – Lundi, 28 février 2011

Stadtkino Basel (entrée par le jardin de la Kunsthalle).

Nous sommes associés à cette rétrospective que présente le Stadtkino Basel et pour laquelle nos membres bénéficient d’une réduction de 50% (places à 8 CHF au lieu de 16).

Auteur, réalisateur, producteur, documentariste, ce grand cinéaste français, contemporain de la Nouvelle Vague, n’appartient à aucun courant, produisant une œuvre originale, tout aussi souvent adulé et primé que critiqué. Issu d’une famille de la grande bourgeoisie, il vit l’Occupation dans différents internats catholiques. Il cosigne son premier film Le Monde du silence avec le commandant Cousteau, qui partagera avec lui sa Palme d’or à Cannes, et obtient le Prix Louis Delluc dès son premier film personnel, Ascenseur pour l’Echafaud. Très critique envers son milieu d’origine dans Les Amants (Prix spécial du Jury à Venise), il aborde aussi des sujets sensibles, sans jugement aucun, tels que l’inceste mère-fils dans Le Souffle au cœur, ou la collaboration avec les nazis dans Lacombe Lucien. Après les scandales provoqués par ces films, il s’exile aux Etats-Unis où il dispose d’une plus grande liberté de mouvement. Il tourne alors La Petite, sur la prostitution infantile, ou Atlantic City. Il nous a livré par ailleurs des documentaires tels que Calcutta, l’Inde fantôme, ou Humain trop humain. C’est en revenant de son exil américain qu’il tourne son grand succès Au revoir les enfants qui marque sa consécration avec un lion d’or à Venise et sept Césars.

Les films prévus (pour les dates et les horaires, consulter le site du Stadtkino www.stadtkinobasel.ch):

ASCENSEUR POUR L’ÉCHAFAUD (1958) avec Jeanne Moreau, Maurice Ronet et Georges Poujouly. Prix Louis-Delluc. Le film qui lança Louis Malle et le premier grand rôle dramatique de Jeanne Moreau. Avec une musique lancinante de Miles Davis, grand prix du disque de l’académie Charles Cros. Bloqué dans un ascenseur après avoir assassiné le mari de sa maîtresse, un homme se voit accusé de deux meurtres qu’il n’a pas commis.

LES AMANTS (1958), avec Jeanne Moreau et Jean-Marc Bory. Une bourgeoise mariée à la vie bien rangée s’ennuie dans sa province. Au retour d’une visite à Paris chez sa meilleure amie, elle est dépannée par un inconnu qui la prend en stop et la ramène chez elle. Après l’avoir retrouvé dans le parc où ils passent une nuit d’amour fou, elle décide à l’aube de tout quitter pour le suivre. Prix spécial du jury au Festival de Venise, le film déclencha un scandale retentissant à cause de la scène d’amour un peu trop « explicite » pour l’époque mais connut un succès mondial.

ZAZIE DANS LE METRO (1960), avec Catherine Demongeot et Philippe Noiret. Zazie, petite provinciale de 10 ans envoyée à Paris chez son oncle, n’a qu’une idée en tête : prendre le métro. Alors que celui-ci est en panne, elle fugue et découvre Paris par elle-même. Le film parle pour la première fois d’un des thèmes centraux de l’œuvre de Malle : la rencontre entre un enfant et la corruption du monde. Adapté d’un célèbre roman de Raymond Queneau déconstruisant le langage avec son écriture phonétique, il déconcerta par sa recherche constante d’un équivalent filmique de cette expérience.

LE FEU FOLLET (1963), avec Maurice Ronet et Jeanne Moreau. Au sortir d’une cure de désintoxication, un homme part à la recherche de son passé et de lui-même, dans un dernier pèlerinage, avant son dernier voyage… La date est fixée, le revolver est chargé. Adaptation libre d’un roman de Drieu La Rochelle, ce film très sombre reçut le prix spécial du jury au Festival de Venise.

VIVA MARIA! (1965), avec Jeanne Moreau et Brigitte Bardot. Maria et Maria, deux danseuses de Music Hall en tournée en Amérique centrale, se trouvent un jour propulsées à la tête d’une révolution. Grand prix du cinéma français.

LE SOUFFLE AU CŒUR (1971), avec Léa Massari et Benoît Ferreux. Dans une famille bourgeoise aux traditions rigides, un adolescent révolté et sa mère entretiennent une relation fusionnelle. Isolés de tout dans une station thermale où il soigne un souffle au cœur et où elle l’accompagne, leurs rapports s’approfondiront encore… Abordant le thème de l’inceste mère-fils sans jugement poral aucun, le film provoqua un grand scandale.

LACOMBE LUCIEN (1975), avec Pierre Blaise et Aurore Clément. Un paysan français, après s’être vu refuser par la Résistance sera amené à collaborer avec les nazis … Cette évocation de la collaboration sans jugement moral provoqua un tollé en France, mais fut bien mieux accueilli à l’étranger : Meilleur Film pour les British Academy of film Awards et nominé pour le Meilleur Film étranger aux Oscars.

PRETTY BABY (1978), avec Brooke Shields, Keith Carradine, Susan Sarandon. La vie d’une très jeune adolescente, fille d’une pensionnaire de maison close, dans un bordel de la Nouvelle Orléans des années 20.

ATLANTIC CITY (1981), avec Burt Lancaster, Suzan Sarandon et Michel Piccoli. Dans un immeuble de la ville des casinos, un bookmaker aide un dealer à écouler sa drogue, jusqu’à ce que ce dernier se fasse tuer. Son acolyte se trouve alors du jour au lendemain très riche. Ce film fut nominé cinq fois aux Oscars (Meilleur film, scénario, mise en scène, acteur et actrice).

MY DINNER WITH ANDRE (1982), avec Wallace Shawn et André Grégory. Wally, auteur dramatique, et André, metteur en scène notoire, se retrouvent autour d’un dîner après une longue absence. Le temps d’un repas, le monde s’arrête de tourner…

AU REVOIR LES ENFANTS (1987), avec Gaspard Manesse et Raphaël Fejtö. Dans un internat sous l’Occupation, deux garçons se lient d’amitié, jusqu’à ce que l’un d’eux, juif, se fasse emmener par les nazis. Ce film, en partie autobiographique, est sans conteste le plus grand de Louis Malle. Ovationné par le public, il reçu sept Césars et un lion d’or à Venise.

MILOU EN MAI (1990), avec Michel Piccoli et Miou-Miou. En plein mai 68, une famille se retrouve dans la maison familiale pour les funérailles de la grand-mère. Bloqués par les grèves des transports, ils n’auront d’autre choix que de se laisser aller au bonheur d’être ensemble et de goûter les bonnes choses de la vie. César du meilleur second rôle féminin.

DAMAGE (FATALE) (1992), avec Jeremy Irons et Juliette Binoche. Un parlementaire britannique récemment promu Secrétaire d’Etat rencontre à une réception l’amie de son fils… Ils vont vivre une passion destructrice.

VANYA ON 42ND STREET (1994), avec André Grégory, Wallace Shawn et Julianne Moore. La dernière répétition d’Oncle Vania de Tchekhov dans un théâtre désaffecté. Après l’arrivée des comédiens, du metteur en scène et de quelques amis, les conversations anodines laissent petit à petit place au texte de Tchekhov…